Diego, le frère d'Alberto Giacometti, a été l'un des principaux modèles de l'artiste pendant tout le long de sa vie. Celui-ci est l'un des premiers de ses portraits, où l'on remarque encore des emprunts à la peinture du père, notamment dans l'emploi « post impressionniste » de touches roses et vertes pour le carnage du visage. Sous la peinture, on reconnaît un dessin préparatoire fait en bleu au pinceau, qui trace aussi bien les lignes du portrait que le feuillage du fond. Sur cette « structure », les touches de peinture sont légères et rapides, dans un style qui est très proche d'autres portraits d'Alberto datables autour de 1917-1918. La ressemblance du modèle dans l'aspect, la coiffure et les habits dans un autre portrait de Diego peint par son père Giovanni en 1918 confirmerait cette datation. Il existe d'ailleurs un dessin d'Alberto de la même époque, très ressemblant à ce tableau, qui semblerait avoir été fait au même moment. Ce tableau est donc l'une des toutes premières peintures sur toile de l'artiste, qui jusqu'à cette date, peignait surtout sur carton ou sur papier. Il s'agit d'une toile assez grossière par rapport aux toiles à la trame plus fine que Giacometti emploiera plus tard. Ce tableau a été exposé du vivant de l'artiste, à la rétrospective de Londres et Humlebaek en 1965.