La Boule suspendue

Fondation Giacometti -  La Boule suspendue

Alberto Giacometti, Boule suspendue, 1931 (version de 1965), Plâtre et métal, 60,6 x 35,6 x 36,1 cm, coll.Fondation Giacometti, Paris.
© Succession Giacometti (Fondation Giacometti, Paris et ADAGP, Paris)

La Boule suspendue is a key piece in the career of the young Alberto Giacometti, who arrived in Paris in 1922. Exhibited at the Pierre Gallery in 1930, the sculpture impressed the surrealist circle, notably André Breton and Salvador Dalí. Giacometti joined them at the end of 1930, which brought him not only a stimulating circle of friends but also a professional support system.

The Boule suspendue has evolved in several versions, but it has never been cast in bronze.

A first preliminary state can be seen in a photograph of Marc Vaux, taken in the studio of Alberto Giacometti in March 1931. The sculpture does not yet translate the ethereal character and the possibility of the movement of the ball on the crescent, for which she is known today. This version, which is now destroyed, is entirely covered with a layer of plaster. The surface appears irregular and rough.

A preparatory version for the wooden version is visible in a corner of Giacometti's studio on a photograph taken by Man Ray in 1934. The piece was most likely created between the end of the year 1930 and March 1931. It is also destroyed today. In the photograph, we see thin and smooth cage stems, while the plateau seems thicker than that of the previous version. The cage, tray and crescent are white plaster, while the ball is a darker color. It is possible that it was painted or in wood.

In a letter to his family in January 1931, Giacometti mentions that he is working with a carpenter and a metalworker, which tells us that the work for the wooden hanging ball has begun.
A photograph taken in March 1931 shows the completed sculpture. The thin rods of the cage are black metal. The tray, ball and crescent are made of dark brown wood. The treated surface shows lacquer flows, especially at the level of the ball. The slightly domed plate is placed on four small metal brackets and the ball has a large incision, which leaves the imagination of the viewer.

For his first personal exhibition at the Pierre Matisse gallery in New York, Alberto Giacometti created a new plaster version of the Boule suspendue. By letters sent to his gallerist, Giacometti gives the date of execution: between late September and mid-October 1947. Like the wooden version, it has a metal cage, composed of very thin rods. The ball, crescent and tray are in plaster. The latter is slightly convex and supports in its center the crescent. It bears the artist's signature and the inscription "original plaster" made with a brush.

The plaster version and the wooden version of the hanging ball are not available, Giacometti creates a last plaster version for its retrospective at the Tate Gallery in London in 1965. Like the 1947 version, this cage is dark metal , while the tray, the ball and the crescent are in plaster. The tray is surrounded by a thin metal support and the feet of the cage have small round reinforcements. The two mated forms appear smaller than in previous versions.

Exhibited several times under the title Heure des traces, the sculpture is now known as the Boule suspendue. This title was definitively imposed in 1948, after Pierre Matisse's first monographic exhibition of Giacometti.

by Michèle Kieffer
Head of the Giacometti Committee and Researcher - Sculptures

Images
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PROBABLEMENT FIN 1930 – DEBUT 1931

Une version préparatoire pour la version en bois est visible dans un coin sur une photographie de Man Ray, prise dans l’atelier de Giacometti vers 1934. Les tiges de la cage sont plus fines et présentent une surface lisse, peut-être de métal peint. La cage, le plateau et le croissant sont en plâtre. La boule est d’une couleur plus sombre que le reste de la sculpture, ce qui suggère qu’elle est peinte ou en bois. Elle n’est pas suspendue, mais elle est posée sur le plateau.

La pièce est aujourd’hui détruite.

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MAI-DECEMBRE 1931

La Boule suspendue occupe une place importante dans le numéro 3 de la revue Le Surréalisme au service de la Révolution, publiée en décembre 1931. L'oeuvre est décrite par Dalí de la façon suivante : "Une boule de bois marquée d'un creux féminin est suspendue, par une fine corde à violon, au-dessus d'un croissant dont une arête effleure la cavité. Le spectateur se trouve instinctivement forcé de faire glisser la boule sur l'arête, ce que la longueur de la corde ne lui permet de réaliser que partiellement."

Dans son texte Objets surréalistes. Catalogue général, Dalí la considère comme l'oeuvre dont procèdent les objets à fonctionnement symbolique : "Les objets à fonctionnement symbolique furent envisagés à la suite de l'objet mobile et muet, la boule suspendue de Giacometti, objet qui posait et réunissait déjà tous les principes essentiels de notre définition mais s'en tenait encore aux moyens propres à la sculpture. Les objets à fonctionnement symbolique ne laissent aucune chance aux préoccupations formelles. Ils ne dépendent que de l'imagination amoureuse de chacun et sont extraplastiques."

Les objets à fonctionnement symbolique sont définis par Dalí comme des "objets, qui se prêtent à un minimum de fonctionnement mécanique, qui se basent sur les phantasmes et représentations susceptibles d'être provoqués par la réalisation d'actes inconscients." (…)

Salvador Dalì, Objets surréalistes, Catalogue général, dans Le Surréalisme au service de la Révolution, N°3, décembre 1931, p. 16-17

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FIN SEPTEMBRE – OCTOBRE 1947

En 1947, Alberto Giacometti prépare sa première exposition personnelle à la galerie Pierre Matisse à New York. A cette occasion, il crée une quatrième version de la Boule suspendue. La genèse de la sculpture est documentée par des lettres envoyées à son galeriste, datant l’œuvre entre fin septembre et octobre 1947. Elle présente une cage en métal, composée de tiges très fines. Le tablier en plâtre est lisse et légèrement convexe, et supporte en ce centre le croissant. Il porte la signature de l’artiste et l’inscription "plâtre original" faites au pinceau. Le croissant et la boule sont également conçus en plâtre.

Vers la fin octobre, le photographe Brassaï passe à l'atelier pour illustrer un article à paraître dans Harper's Bazaar.

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DECEMBRE 1947

Dans une lettre à Pierre Matisse, publiée dans le catalogue de l’exposition de 1948, Alberto Giacometti dessine l'oeuvre : "une boule blanche suspendue dans une cage et qui peut glisser sur un croissant".

Il explique l’importance du mouvement : "Les figures n’étaient jamais pour moi une masse compacte, mais comme une construction transparente. Après de nouveau toute espèce d’essais, j’ai fait des cages avec une construction libre à l’intérieur, exécutées en bois par un menuisier. Il y avait un troisième élément qui me touchait dans la réalité : le mouvement. Malgré tous mes efforts, il m’était alors impossible de supporter une sculpture qui donne l’illusion d’un mouvement, une jambe qui avance, un bras levé, une tête qui regarde de côté. Ce mouvement, je ne pouvais le faire que réel et effectif, je voulais donner aussi la sensation de le provoquer. Plusieurs objets qui bougent l’un par rapport et l’autre." 

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JUILLET 1965

L’historien d’art David Sylvester se rappelle dans un article publié au The Times Literary Supplement en 1994 : "En 1965, Giacometti fabriqua une réplique en plâtre de l’œuvre pour l’inclure dans sa rétrospective à la Tate, car aucun des seux versions originales n’était disponible. Pour cela, il utilisa des tiges d'un diamètre plus étroit, parce que, me dit-il, il pensait que les tiges de la version originale en plâtre étaient trop épaisses. Cependant son intention était de dupliquer les formes faites à la main au centre de la composition. C'est donc involontaire que la sphère soit plus petite et le croissant plus mince. Les formes sont ainsi devenues moins sensuelles, plus éthérées."

David Sylvester dans The Times Literary Supplement, N° 4780, 11 novembre 1994, p. 56 

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