Quand il ne reste que la croûte
Michael Lucken (né en 1969) est professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, Paris). Historien spécialiste de l’art et de la culture du Japon moderne, il a publié, entre autres, L’Art du Japon au vingtième siècle (Hermann, 2001), Imitation and Creativity in Japanese Arts (Columbia University Press, 2016) et Le Japon grec. Culture et possession (Gallimard, 2019). Il est membre senior de l’Institut universitaire de France
Michael Lucken
Le 26 novembre, à 18h30
Giacometti Lab et en direct sur Youtube
Par Michael Lucken
Conférence en français
Il y a dans l’esthétique japonaise un goût marqué pour les surfaces irrégulières que l’on regarde longtemps et de près. Les œuvres abstraites réalisées par les artistes japonais après 1945, qui pour certains sont établis à Paris - Imai Toshimitsu, Dōmoto Hisao, Satō Kei - reflètent cette esthétique. Ce choix de la matière et des textures prend tout son sens, observé du point de vue des échanges mondiaux : il se situe en effet en contrepoint des deux courants qui dominent alors en Occident, l’un fondé sur la conquête de l’espace, l’autre sur la libération du signe.
Image : Toshimitsu Imai, Sans titre, 1965, technique mixte sur papier, 50 x 65 cm, collection particulière