Les mondes artistiques d'après seconde guerre mondiale et les codes d'affiliation : les artistes d’Asie du Sud Shakir Ali, Krishna Reddy et Ram Kumar
Simone Wille est chercheuse invitée « Elise Richter » à l'Institut d'histoire de l'art de l'Université d'Innsbruck (Autriche). Ses travaux récents portent sur l'esthétique et la pensée politique, les positionnements idéologiques et les échanges transculturels en lien avec la mobilité culturelle et l'internationalisme socialiste, fournissant ainsi un modèle pour penser l'internationalisme au-delà des récits nord-atlantiques.
Elle a publié André Lhote and His International Students (iup, 2020). En tant que directrice du projet de recherche « L'Asie du Sud en Europe centrale : la mobilité des artistes et des œuvres d'art entre 1947 et 1989 », elle a publié la monographie Cold War Art Worlds: South Asian Art and Artists in Prague, 1947-1989 (Leuven Univ. Press, 2025), ainsi que l'ouvrage coédité Collecting Asian Art: Cultural Politics and Transregional Networks in Twentieth-Century Central Europe (Leuven Univ. Press, 2024, avec , Markéta Hánová et Yuka Kadoi,). En collaboration avec la Galerie nationale de Prague, elle prépare actuellement une exposition et une publication sur l'art indien post-indépendance à Prague.
Le 28 janvier, à 18h30
Giacometti Lab et en direct sur Youtube
Par Simone Wille
Conférence en anglais
Les parcours de nombreux artistes sud-asiatiques ont été marqués par différents modes de mobilité régionale et transrégionale - fuite, migration, relocalisation, voyage - dans l'après-guerre. Ces modes de mobilité correspondaient souvent à des affiliations politiques, idéologiques, sociales qui ont eu une incidence directe sur leur carrière et leur esthétique.
Cette conférence explore ces « codes d'affiliation » à travers la pratique et l'expérience de trois artistes sud-asiatiques : Shakir Ali (1916-1975), Krishna Reddy (1925-2018) et Ram Kumar (1924-2018). Leurs voyages, de l'Asie du Sud à différentes régions d'Europe, à travers les empires, les nations, les continents et leurs idéologies, y compris Paris, servent de prisme à travers lequel interroger les mondes artistiques d'après-guerre.